Bienvenue à Boisemont Le château La ferme rose La maison des associations L'église La mairie Le bois L'école Le plan Nous contacter
Vendredi 24 mai 2013

Mission de Jean-François Pernel en Haïti

Le 12 janvier 2010, la pile de la pendule de l'hôpital de Canapé Vert sort de son logement, arrêtant le temps à 16H53. La terre a tremblé avec une magnitude de 7,0 à 7,3. La mauvaise qualité du béton, du ferraillage et l'épaisseur des chapes entre les étages (dont le but est de garder la fraîcheur dans les habitations) sont les principales raisons de l'ampleur de cette catastrophe dans le pays le plus pauvre du monde où la préoccupation principale n'est pas la construction.
Plus de 200 000 morts, 3 millions de sans abris, 90% des édifices sont effondrés pour une ville de 15 km sur 10 km.
Le 14 janvier, un avion est affrété pour le transport de la colonne "Ile de France" qui rejoindra les autres sapeurs pompiers de Métropole et de la Sécurité Civile. Le détachement français a 3 missions :
- Le sauvetage déblaiement.
- Les soins d'urgence aux populations et la remise en service de structures médicales (4 hôpitaux sont montés).
- La distribution d'eau et de tentes.
Le 24 janvier, mon chef de service me demande si je suis volontaire pour relever mon collègue qui gère les transmissions du dispositif français. Evidemment, j'ai dit oui tout de suite. Dans une carrière de sapeur pompier, ces occasions ne sont pas nombreuses. Il faut être là au bon moment avec les compétences souhaitées, c'est la motivation de ce métier. Tous mes proches sont fiers de moi.
Le 27 janvier, c'est le départ pour Fort de France en Martinique puis le lendemain décollage pour Port au Prince. Dans l'avion, une petite angoisse me prend : non pas parce que je vole dans un avion militaire au confort limité, (sur le tarmac les militaires nous considèrent comme du fret, ce qui n'est pas pour nous rassurer), mais par l'appréhension de ce que je vais trouver. Serai-je à la hauteur ?
Le 28 janvier, 16 jours après le séisme, j'atterris à Port au Prince. Premier choc, un étalage de moyens américains : avions, camions, baraquements, quads et autres, des hélicoptères qui tournent autour de l'aéroport, une vision "d'Apocalypse Now" me trotte dans la tête.
Récupérés par la sécurité civile, nous montons dans un mini bus et c'est le départ vers la résidence de l'ambassadeur qui sert de camp de base.
Deuxième choc, les rues de Port au Prince : imaginez une ville à 90% détruite, des immeubles entiers littéralement écroulés sur eux-mêmes (comme dans ces images d'implosion de tour), les dalles (étages) empilées les unes sur les autres, parfois ce n'est qu'un étage qui s'est écroulé. Pouvez-vous imaginer aussi une ville où tous les habitants sont et vivent dans la rue ? Je vous fais grâce des odeurs.
J'arrive au camp, je suis affecté au PC (Poste de Commandement). Ma mission est d'assurer, de maintenir les réseaux de transmissions mis en place (radio, téléphone et satellite) et je supervise un secrétaire et un transmetteur ainsi que la logistique du PC. L'association "Casque Rouge" a mis en place une connexion satellite qui permet aux personnes du camp de joindre gratuitement leur famille par téléphone et par internet, j'assure la maintenance de ce matériel au départ du technicien.
De jour en jour, la ville se transforme, tous les Haïtiens doivent être commerçants, ils vendent de tout, de la charge de batterie de téléphone portable aux fruits et légumes, en passant par les habits, les sculptures et les traditionnels tableaux. Ce sont des gens gentils qui répondent à vos sourires, ils sont fiers aussi dans leur misère, je les trouve attachants. Les derniers jours, je vois même des vendeurs de fleurs.
La mission d'urgence se termine et nous laissons la place aux ONG. C'est avec un pincement au cœur que je décolle de Port au Prince avec dans le hublot cette dernière vision d'un pays ravagé et par ce même hublot, je découvre trois heures plus tard les paysages magnifiques de la Martinique.
Le 24 février, atterrissage à Paris où m'attend une femme que j'ai quittée pendant presque un mois. Elle ne m'a pas fait sentir ses angoisses, le retour à la vie de tous les jours est un peu difficile, mais rien n'est grave, rien n'est essentiel, excepté l'amour des autres.

 


L'histoire du football et de la Coupe du Monde

L'histoire du football remonte à très loin. Il est prouvé qu'en Chine en 2 500 avant J.C. est né un jeu de pied appelé Tsu Chu qui veut dire "donner un coup de pied au ballon, fait de cuir et bourré". Selon les témoignages, le jeu était joué pendant l'anniversaire de l'empereur. L'objectif du Tsu Chu était d'envoyer le ballon avec le pied, à travers une ouverture de 30 à 40 cm de diamètre, d'un petit filet fixé à 9m de haut sur des cannes de bambou ! On suppose qu'il fallait beaucoup d'adresse pour jouer au Tsu Chu. Ce jeu s'est développé au cours du temps en se déplaçant peu à peu vers le Moyen-Orient au gré de la route de la soie et dans les empires antiques jusqu'à atteindre l'Europe.
Au Moyen Age, il s'y pratiquait un jeu que l'on appelait "la Soule". Il s'agissait pour un groupe de villageois conduit par un meneur, que l'on nommait "champion", de conquérir la Soule en pleine mêlée et de la rapporter dans son village ou sur le territoire de sa paroisse. Aucune partie nulle n'était admise. On jouait au besoin jusqu'à épuisement des forces, quitte à remettre, d'un commun accord, la partie inachevée à un autre jour. Le jeu sera pratiqué jusqu'au XIXème siècle, mais on lui reprochera sa grossièreté et sa brutalité.
Le développement du football a commencé principalement dans les universités et dans les écoles libres anglaises. Même s'il s'est vite répandu chez les étudiants, il faut attendre 1863 pour voir la création de la première fédération anglaise de football "The Football Association" qui administre alors le ballon rond. Le football et le rugby sont en fait nés d'un tronc commun. Bien que ce dernier se soit démarqué du jeu de balle au pied (football) dès 1823, lorsque Williams Ellis, un étudiant de l'université de Rugby, se mit à courir une balle sous le bras, ce n'est qu'en 1871 que la "Rugby Union" est instituée et que les règles des deux sports sont définitivement délimitées.
En 1872, on assiste à la création par les membres de la colonie anglaise du Havre, du premier club de football en France : le "Havre Athletic Club".
La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) est fondée à Paris par sept pays européens.

La première Coupe du Monde a été organisée et remportée par l'Uruguay en 1930 contre l'Argentine (4 à 2). Le premier Première Coupe du Monde de football en 1930but de l'histoire de la Coupe du Monde de Football a été inscrit à cette occasion par la France face au Mexique, par l'intermédiaire de Lucien Laurent.
Jules Rimet (à gauche sur la photo), président de la Fédération Française de Football et de la FIFA, était l'instigateur de cet événement. Le trophée original de la Coupe du Monde a été baptisé en son honneur. Ce premier trophée a une histoire surprenante : il a été volé à plusieurs reprises et récupéré mais en 1983, il a disparu au Brésil et on ne l'a pas retrouvé à ce jour. On pense qu'il a été fondu.Coupe du Monde de football 1998

Le football comme on le connaît aujourd'hui s'est développé pendant les années 1960. Il est devenu le sport le plus populaire au monde et la Coupe du Monde la compétition la plus suivie.
L'équipe de France a remporté sa première Coupe du Monde le 12 juillet 1998. Elle est arrivée en finale en 2006. En juin 2010 aura lieu la 19ème édition en Afrique du Sud. Les Bleus sont qualifiés mais l'impression laissée par cette équipe est plus que mitigée. Domenech et ses hommes ne font plus partie des meilleurs depuis plusieurs années. Le tirage au sort a eu lieu le 4 décembre, la France est plutôt bien lotie avec l'Afrique du Sud, le Mexique et l'Uruguay. Alors soyons optimistes et "Allez les bleus !".

 


Origine du 1er de l'an

Cette année, comme les années précédentes d'ailleurs, le Nouvel An est tombé le 1er janvier ! Cela n'a pas toujours été le cas. Pourquoi ce jour a-t-il été choisi ? Un peu d'Histoire...

La tradition du Nouvel An remonte à Babylone environ 2000 ans avant Jésus-Christ. Les babyloniens organisaient une fête en l'honneur du dieu Mardouk qui protégeait les récoltes.
Cette fête se déroulait au printemps.

La Rome antique fêtait le Nouvel An selon le calendrier romain, ne comportant que 10 mois, le premier jour de l'année était fixé le 1er mars, mois très important à Rome car associé au dieu de la guerre.
Les mois de septembre, octobre, novembre et décembre (respectivement 7ème, 8ème, 9ème et 10ème mois de l'année) conservent encore aujourd'hui la dénomination qu'ils avaient dans le calendrier romain.

Vers 46 avant J.C., Jules César décida de remplacer le calendrier jusque-là en vigueur par un calendrier dit "julien" (du nom de l'empereur). Tout comme notre calendrier actuel, il est divisé en 12 mois et 365 jours, une journée supplémentaire étant ajoutée tous les quatre ans (année bissextile). Il fixa le 1er janvier comme Jour de l'An.
Mais pour les peuples usant du calendrier julien, le Jour de l'An a beaucoup changé au fil des siècles, au gré des Églises, des époques et des pays. En France, aux VIe et VIIe siècles, dans de nombreuses provinces, le Jour de l'An était célébré le 1er mars. Sous Charlemagne, l'année commençait à Noël. Du temps des rois capétiens, l'année débutait le jour de Pâques.
En conséquence, les années étaient de longueur très variable. Cet usage fut quasi général aux XIIe et XIIIe siècles et même jusqu'au XVe dans certaines provinces. Les généalogistes des rois de France devaient donc jongler avec les dates en fonction des lieux pour raconter l'Histoire car auparavant le début de l'année variait selon les provinces : à Lyon, c'était le 25 décembre, à Vienne, le 25 mars...
Le 9 août 1564, c'est le roi Charles IX qui, dans un Edit promulgué à Roussillon, imposa le 1er janvier comme le départ obligatoire de chaque année. Cet Edit mit tout le monde d'accord.

En 1622, cette mesure fut généralisée par le Pape à l'ensemble du monde catholique, notamment pour simplifier le calendrier des fêtes religieuses.Calendrier républicain

Le 22 septembre 1792, la Convention proclame la République. Symbolisant une rupture avec l'ordre ancien, l'élaboration du calendrier républicain demande plus d'un an de débats. Le projet définitif est adopté le 24 octobre 1793 : le début de la nouvelle ère est fixé au 22 septembre 1792 qui devient ainsi le 1er vendémiaire an I. Chaque année commence le jour de l'équinoxe d'automne (22 septembre).

En 1805, un retour à l'ancien système devient nécessaire : la France doit avoir le même calendrier que le reste de l'Europe. Le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) marque ainsi l'abandon du calendrier révolutionnaire pour le calendrier grégorien du nom du pape Grégoire XIII.
Depuis lors, le 1er janvier est resté premier jour de l'année.

 

Premier_de_l'an
BONNE ANNEE 2010 !


Décès de notre doyenne, Marguerite Le Roux

Marguerite Le Roux, notre doyenne depuis de nombreuses années, s'est éteinte le 7 septembre 2008 à l'âge de 96 ans. Nous tenons ici à manifester notre sympathie à son entourage en rappelant quelques passages de l'interview qu'elle avait bien voulu donner dans le cadre des manifestations de l'an 2000 à Boisemont, pour la radio éphémère créée pour l'occasion : Boisemont FM. Ce témoignage est une vivante illustration de la vie au début du 20ème siècle. Vous pourrez entendre cet extrait de l'interview en cliquant  sur le lien ci-après: interview de Mme Le Roux (mp3).

Ci-dessous le contenu de l'interview :
- Nous sommes chez Marguerite Le Roux, une des doyennes de Boisemont. Bonjour Mme Le Roux, est-ce que je peux vous demander votre date de naissance ?
- Je suis née le 11 octobre 1912, à Boisemont.
- Que faisaient vos parents à Boisemont, est-ce qu'ils étaient déjà de Boisemont au départ ?
- Mon père était cultivateur à Boisemont, il a épousé une fille de cultivateur de Jouy-le-Moutier, ils se sont mariés en 1908, ma sœur Madeleine est née en 1909. Malheureusement mon papa est parti en 1914, je ne l'ai même pas connu, j'avais à peine 2 ans, il a été porté disparu tout de suite, début octobre 1914. Ma mère est restée toute la guerre à travailler, à employer les ouvriers, à travailler les terres ...
- Combien d'hectares y avait-il ?
- A ce moment là, on n'en avait que 28, ce n'était pas beaucoup, on pensait en travaillant à s'agrandir, il y avait des chevaux bien sûr, et puis des charretiers pour s'en occuper, et des vaches. Papa était un homme simple et maman s'occupait beaucoup des vaches. Comme mon papa n'est pas revenu, ça a tout changé.
- Vous êtes allée à l'école de Boisemont je suppose ?
- Oui, à 5 ans je suis allée à l'école de Boisemont jusqu'à 10 ans, dans le haut du village, où il y a l'ancienne mairie.
- Qu'enseignait-on ?
- Oh vous savez, lire, écrire et compter. Je suis partie à 10 ans, ma maman m'a mise en pension parce qu'on avait eu des maîtres d'école, instituteurs, qui étaient malades, ça changeait trop souvent. Ma sœur y était déjà 2 ans avant moi et je suis allée en pension, à la Compassion, place Nicolas Flamel à Pontoise.
- Après vous êtes revenue à Boisemont …
- J'avais 15 ans passés et comme ma mère avait loué les grandes terres, il ne restait que les jardins fruitiers, et c'était la vente des fruits qui nous faisait vivre. On avait beaucoup de plans de poiriers et il fallait entretenir le terrain sous les arbres. Alors avec ma mère et ma grand-mère, on entretenait les jardins.
- Nous allons parler maintenant de votre adolescence. Je suppose que vous alliez à des fêtes dans la région ?
- Des fêtes communales, de villages voisins, Courdimanche, Vauréal, Jouy-le-Moutier et à Boisemont.
- Aviez-vous des copines ?
- Oui, surtout une bonne copine, qui est malheureusement dans une maison de repos maintenant. Son papa a fait toute la guerre, il est revenu en permission en septembre 1918 où il a conçu un enfant, il est reparti à l'armée pour ne pas passer déserteur et il est mort de la grippe espagnole, tout en ayant fait toute la guerre.
- Vous arrivait-il quelquefois d'aller à Paris ?
- Plus étant jeune fille, oui, maman aimait beaucoup le beau linge, on allait souvent à des expositions de blanc, dans les grands magasins, Galeries Lafayette, Printemps.
- Quel était le moyen de transport pour aller à Paris ?
- Nous avions une petite voiture, une tapissière, avec un petit trotteur, qu'on laissait à l'hôtel de la gare, dans la cour, à Pontoise, il y avait un commis de cour qui s'en occupait, et on prenait le train pour aller à Paris. Après à Paris on faisait nos courses.
- Merci Mme Le Roux de ces petits détails, est-ce que vous pouvez nous parler de la ligne de chemin de fer qui allait de Pontoise à Boisemont ?
- Je ne pourrais pas vous dire quand elle a débuté, l'histoire du tacot, moi je me rappelle du temps où je l'ai pris, étant  jeune fille, de 15 à 20 ans. C'était un petit tortillard qui nous faisait plutôt rire, parce qu'il avait du mal à monter les côtes. Des jeunes gens, qui faisaient les fous, disaient qu'ils pousseraient bien le tacot par derrière parce qu'ils arrivaient à le suivre à pied ! Ce train-là partait de Pontoise, direction Les Mureaux, et à une gare au-dessus de Cergy, il se partageait en deux, pour aller l'un du côté de Poissy, et l'autre du côté des Mureaux, c'était le bout de la ligne.
- Vous preniez ce train pour aller au marché ?
- Oui, le marché de Pontoise le samedi, on prenait le train le matin, on revenait vers midi. Les employés étaient tellement noirs … en mettant les pelletés de charbon dans le foyer.
- Où se trouvait la gare de Courdimanche-Boisemont, à cette époque ?
- Elle se trouvait entre les deux communes. Pour y aller, il y avait un raccourci, un chemin de traverse de Boisemont à Courdimanche (*), et comme parfois le chemin était sale, ma mère mettait des vieilles chaussures pour faire le trajet par le chemin de traverse et on posait nos chaussures sous la banquette de la gare, pour mettre des chaussures propres pour prendre le train.
- Est-ce que vous pouvez nous raconter la rencontre avec votre mari ?
- Mon mari, je l'ai connu à un bal, une société dansante à Pontoise, qui se tenait en matinée, à l'hôtel de la gare. On se rencontrait parfois à des plus grandes fêtes, à la salle des fêtes de Pontoise, en soirée, parce que les mamans accompagnaient les filles, à ce moment-là ! Au départ, ça ne se voyait pas trop, on voyait bien que je dansais toujours avec le même monsieur, mais un jour il a pris l'initiative de venir ici pour demander s'il pouvait me fréquenter pour … la bonne chose !
- Et alors ?
- Et alors maman l'a bien reçu, bien sûr, elle ne l'a pas mis dehors, elle a dit, écoutez, pour ma fille, je pensais plutôt qu'elle aurait pris quelqu'un de la culture, comme on avait des terres et qu'il n'avait pas un métier pour faire ce qu'on faisait, alors il est reparti un peu la tête basse. Après on s'est revu, et puis il est revenu, et puis ma foi il a été accepté. C'était un maroquinier de luxe, qui travaillait à Paris, comme employé.
- Dans quelle rue travaillait-il à Paris ?
- C'était la rue Greneta, je me rappelle, son patron c'était M. Marande, je me rappelle encore, il m'avait emmené une fois voir son exposition de portefeuilles qu'il avait dans une petite vitrine.
- Vous vous êtes mariés à Boisemont, je suppose ?
- Je me suis mariée le 18 janvier 1933, à la mairie naturellement, et à l'église, le tout à Boisemont.
- Et vous avez fait la fête ?
- Non parce que ma grand-mère était décédée trois mois avant, comme on était en deuil, on n'a pas fait la fête. A ce moment là, on se mariait le matin à la messe, le déjeuner se trouvait chez un de nos cousins qui était restaurateur à Jouy le Moutier, l'auberge St Vincent.
- Donc votre mari a abandonné son métier à Paris pour s'occuper des terres ?
- Oui, du jour où on a été marié. En fait, il commençait à y avoir du chômage, son métier commençait à ne plus très bien marcher. Avant notre mariage, chez ma sœur, qui était mariée avec un gros fermier, il a été pendant 2 à 3 mois apprendre à semer, à entretenir une terre, à labourer, à se servir des chevaux, à ce moment-là, parce que mon beau-frère, il n'avait que des chevaux, il n'avait pas de tracteurs non plus !
- Est-ce que vous vous souvenez comment on faisait les courses dans la région, est-ce qu'il y avait des commerces à Boisemont ?
- Boisemont n'avait qu'une petite épicerie, on y allait quand on avait oublié quelque chose, mais ce n'était pas dans cette maison-là qu'on se ravitaillait.
- A quel âge avez-vous eu votre premier enfant ?
- Monique, en septembre 1933, elle avait un mois d'avance …
- A cette époque, vous accouchiez à la maison ?
- Oui. Le docteur venait à la maison pour les accouchements.
- Ce n'était pas trop dur ?
- Le docteur se dérangeait assez bien à ce moment-là ! Il faisait plusieurs visites sans qu'on l'appelle. Monique est donc née en 33, en 35 il y a eu Joël, en 37 Maurice et en 40, en revenant de l'exode, François.
- Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu l'exode de la guerre 39-45 ?
- Quand nous sommes partis à l'exode un jour, durant midi, on nous avait dit il faut passer le pont de Poissy avant qu'il saute, c'est ce qu'on a fait. On avait déjà attelé une grosse voiture avec 2 chevaux et la tapissière avec le petit trotteur. On avait un neveu que son père avait placé chez nous parce qu'il avait 16 ans et il ne savait pas où le mettre, c'est donc lui qui conduisait la grosse voiture avec les 2 chevaux et nous, maman et mes enfants, on était dans la tapissière avec le petit trotteur. On a passé … un tas de pays … on a marché pendant plus d'une semaine, puisqu'on a mis 15 jours, 8 jours aller, 8 jours à revenir, à raison de 20 km par jour, ça n'allait pas vite, et on s'est arrêté en bordure du Loir et Cher, je ne me rappelle plus du pays, c'était dans une grosse ferme. Comme on avait des gens avec nous qui s'informaient un petit peu de la marche des allemands, on s'est dit que maintenant on ne va pas partir, on va les laisser passer et on partira après. On est resté 2 jours à laisser passer l'armée allemande et on a regagné nos pays l'un après l'autre, tout doucement. J'ai eu François le 23 juillet, un mois après, j'aime mieux vous dire qu'il n'était pas gros. J'étais morte de faim pendant les 15 jours sur la route, à ne rien manger, on ne trouvait rien. On avait juste emmené du sucre et des pommes de terre.
M. Le Roux était mobilisé à Vincennes, et puis après ils sont partis, c'était l'armée française en déroute, et ils ont atterri dans le midi, à Marmande, il a travaillé dans les fermes, dans le pays de la tomate, là-bas, mais on ne pouvait pas se correspondre. Même quand j'ai eu mon dernier en 40, c'est le secrétaire de mairie qui a envoyé l'avis de naissance pour essayer de le faire revenir plus tôt que les autres, parce que là-bas ils attendaient pour rentrer chez eux, hein! Il avait été mobilisé en janvier comme père de 3 enfants, à ce moment-là ils partaient plus tard que les premiers. Il est rentré ici après le 15 août 40.
- Dès votre retour, qu'est-ce qui avait changé à Boisemont, votre maison n'a pas été pillée ?
- Quelques objets volés, mais pas des grosses choses. Des vêtements, un matelas, par exemple, des bricoles.
- Votre maison n'a pas été saccagée ?
- Non, du tout. Il manquait peut-être une ou 2 casseroles …
- Et dans le village ?
- Non, il n'y a pas eu vraiment de pillage …
- Mme Le Roux, j'ai entendu dire que vous aviez un lavoir personnel, est-ce que vous pouvez nous raconter un peu comment ça se passait ?
- Il fallait se mettre à genoux dans une boîte à laver, avoir sa brosse, son battoir, et puis la lessiveuse. On allait savonner le linge la veille, on revenait à la maison pour le faire bouillir, et le lendemain on le rinçait. Alors on vidait le lavoir pour que l'eau soit propre pour rincer le linge.
- En hiver comment cela se passait-il ?
- Vous savez, on vivait à la dure !
- Le linge séchait même à l'extérieur en hiver ?
- On avait un grenier, on mettait sécher beaucoup au grenier. On le tordait beaucoup pour l'essorer, il n'y avait pas de truc à essorer comme aujourd'hui !
- Est-ce que vous aviez une voiture, après la guerre ?
- En 47, mon mari n'était pas tellement mécano, c'était une voiture d'occasion, que mon beau-frère nous avait fait avoir par un garage qu'il connaissait. C'était une Renault Celta 4, eh oui ! Je ne sais plus en quelle année, on a eu un grand break blanc … moi je suis perdue, les voitures je n'y suis plus … vous savez, il y avait les enfants et tout ça, moi je m'occupais beaucoup de la maison, hein !
- Merci Mme Le Roux de nous avoir reçus chez vous et de nous avoir raconté votre vie, et puis bien évidemment, vous serez là le 21 mai pour la photo du siècle. Merci de nous avoir reçus.

(*) NDLR : le chemin existe toujours, le long du terrain équestre, en face de la rue de la Mairie. Il arrive "Chemin de Boisemont" à Courdimanche et à l'intersection avec la rue du Maréchal Leclerc (toujours à Courdimanche), vous trouverez l'ancienne gare, en face, environ 20m vers la droite. Le bâtiment sert maintenant de halte-garderie.

Quelques vieilles photos de Boisemont ...

 
 

 

 

 

 


Lily Herse, une Boisemontaise à l'honneur

Lily, de son nom Lysiane Herse, épouse Desbois, est née à Caen le 6 janvier 1928.

Elle incarna pendant de longues années le cyclisme féminin en France.
Son père, René Herse, était un célèbre constructeur de cycles spécialisés. Sa mère, qui tenait la comptabilité et la gestion de l'affaire familiale, faisait des compétitions de vélo et était détentrice, à l'époque, du meilleur temps dans Paris-Dieppe.
Suivant la trace de ses parents, Lily deviendra une grande dame du vélo.
Elle commence la course cycliste très jeune. A 7 ans, son père lui fabrique son premier vélo, et tous les jeudis et dimanches, Lily s'entraîne, son plaisir étant de rouler.
C'est naturellement qu'elle s'inscrit à l'âge de 13 ans à des courses appelées "Prix Alcyon" et qu'elle gagne fréquemment. A 14 ans, elle participe à sa première "polymultipliée" à Chanteloup, à tandem.
Les courses sur piste ne l'intéressent pas. Le cyclotourisme est sa passion : elle y aime l'ambiance, les paysages qu'elle découvre et les côtes !... car c'est une prodigieuse grimpeuse.
Lily est une cyclotouriste accomplie. 
Elle court en tandem avec Robert Prestat et détient presque tous les records, de la "polymultipliée" de Chanteloup au "brevet des randonneurs des Vosges" : 230 km en 9h40mn, à celui des Alpes en 11h17mn et celui des cols pyrénéens où elle règle Pau-Luchon en 9h30mn. 
A la Poly de Chanteloup, les tandems Herse furent vainqueurs de 1948 à 1956.     
Le record pour les 72,750 km fut établi en 1948 en 2h5'40" par l'équipage constitué de Jacques Cocu et Lily Herse.
Elle gagnera les "poly" 10 années consécutives.
Lily prend une licence en 1956 et gagne son premier championnat de France. Elle enchaînera les victoires : 8 sur 11 courses ! (se contentant de la 2ème place pour les 3 autres !).
Elle court pendant 11 ans jusqu'en 1967 où elle arrête la compétition.
En 1968, elle devient entraîneur d'une équipe féminine jusqu'en 1975.
En parallèle avec cette carrière de championne, le certificat d'études en poche, Lily veut travailler dans l'atelier de ses parents. Pour eux, ce fut une déception car ils auraient souhaité que Lily continue ses études mais elle en avait décidé autrement. 
Pour essayer de l'écœurer de ce métier, son père lui donne "des petits boulots pas drôles" mais c'est sans compter avec la détermination de Lily qui s'accroche et réussit à trouver sa place dans l'équipe. Jean, son futur mari, y travaille également depuis 1941, il avait 17 ans. L'équipe comptait alors 6 ouvriers.

      

La clientèle était uniquement française, américaine (en Californie) et japonaise.
Des personnes célèbres ont eu le privilège de posséder un vélo Herse, citons entre autres Louison Bobet, Catherine Deneuve, Jacques Brel, Jean-Marc Thibault...
Lily arrête sa fonction d'entraîneur pour raisons familiales en 1975, son père est malade. Il décède en 1976 et sa mère le rejoint en 1978.
Lily, avec l'aide son mari Jean Desbois, reprennent seuls l'affaire jusqu'en 1986 où Jean, après plus de 47 ans de travail, cesse de produire (la production était d'un vélo par jour !)
La marque a été revendue récemment à des américains.
René Herse puis sa fille Lily conduisirent la marque à un renom quasi-inégalé dans le milieu des cyclotouristes. 
Lily a également d'autres passions : la photographie, le tricot (jacquard), le ski, la nature et les fleurs. 
Aujourd'hui, à 79 ans, Lily ne dispute plus de courses, mais elle faisait encore des sorties à vélo il y a 7 ans. Peut-être l'avez-vous croisée ...

          

 


Photo de l'an 2000